Selon la Dress (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des Statistiques), entre le 1er mars et le 18 octobre 2020 près de 17 723 000 tests virologiques RT-PCR auraient été réalisés en France, dont 1 635 000 tests effectués entre le 12 octobre et le 18 octobre. Derrière ces chiffres, quelle organisation a été mise en place ? Focus sur une logistique pharmaceutique inédite.

Focus sur les tests virologiques RT-PCR 

Les tests virologiques RT-PCR, pratiqués désormais sans ordonnance par voie salivaire ou nasale, permettent de diagnostiquer sur un délai médian de 1 à 1,5 jour si une personne est contaminée ou non par le virus de la Covid-19. Selon le site du gouvernement, une nette augmentation des cas de covid-19 parallèlement au nombre de tests réalisés a été constatée : passant de 1,784 cas pour 79 tests réalisés le 10 mars, contre 867,197 cas pour 13,894,126 tests réalisés le 17 octobre. Chaque jour, professionnels de la santé et du transport approvisionnent donc des milliers de laboratoires partout en France.

L’importance de ces tests s’avère vitale dans la lutte contre la pandémie. Plus que jamais, la fiabilité et la rapidité de leur livraison devient une nécessité.

Covid-19 et dépistage : les enjeux de logistique pharmaceutique

Ainsi, une logistique pharmaceutique bien particulière pour les laboratoires et instituts de recherche doit donc être mise en place. Ses enjeux ? Assurer des délais de livraison de produits de santé stricts, une sécurité sanitaire irréprochable, ainsi qu’une juste gestion des stocks et des approvisionnements…

Quelles conditions de stockage et de transport ?

Pour assurer la mise à disposition de ces tests sur l’ensemble du territoire, les bonnes pratiques de distribution doivent être respectées à la lettre. Le transport des kits de PCR doit être acheminé entre +2°C et +8°C et sous 72h maximum. Le transport sous température dirigée, la fiabilité et la sécurité du transport ainsi que le suivi et la traçabilité des colis sont parmi les règles de conduite à suivre afin d’assurer les bonnes conditions de transport.

La difficile gestion des approvisionnements

En parallèle d’autres contraintes logistiques, notamment liées à la diminution des stocks de réactifs émergent. Et pour cause, les besoins en réactifs, ces substances chimiques permettant l’analyse – positive ou négative – du prélèvement, se montrent de plus en plus conséquents. Leur approvisionnement se faisant essentiellement auprès des laboratoires étrangers, il est donc soumis à une forte incertitude, comme l’explique notamment un article Ouest-France, daté du 28 septembre dernier, « Lilian Barrand, président du syndicat des jeunes biologistes médicaux s’alarme d’ailleurs que « beaucoup de laboratoires sont en rupture de réactifs et une très grande majorité sont à flux tendus. » Les laboratoires français se fournissent principalement auprès de fabricants étrangers : Américains, Chinois et Sud-Coréens. »

La crainte d’une pénurie de réactifs

Ainsi, l’augmentation de la demande et la difficile gestion des stocks de réactifs font peser sur les laboratoires français une forte pression, mettant, une fois encore en relief l’importance de la logistique du dernier kilomètre dans la lutte contre la Covid-19.

Distribués en flux tendus, ces réactifs se doivent donc d’être transportés dans de parfaites conditions de sécurité et sur des délais les plus resserrés possibles. Malgré ces fortes contraintes, comme le mentionne un article du Monde en date du 1er octobre, le gouvernement se veut rassurant, assurant que : « Des tensions existent, sur un faible nombre de fournisseurs. Elles n’entravent pas la stratégie de dépistage », renchérit-on à la Direction générale de la santé (DGS). »